Comment développer la collaboration au sein d’une équipe multidisciplinaire?

Les développeurs viennent de Mars, les designers viennent de Vénus. Ils ont chacun leur façon de réfléchir et de travailler et possèdent chacun un langage qui leur est propre. Ils sont différents, certes, mais pas incompatibles. Au contraire, leurs forces sont complémentaires et leur union est symbole d’une grande richesse.

« En vérité ami ami, le tout est plus grand que la somme des parties» – Ariane Moffatt, Miami

Une saine collaboration entre développeurs et designers est un des éléments clés qui permet de développer efficacement de meilleures solutions technologiques pour vos clients. D’un point de vue commercial, une meilleure collaboration entraîne une augmentation de la productivité, un climat de travail agréable et donc la création de meilleurs produits.

Dans cet article, nous aborderons la question suivante : comment peut-on agir sur son environnement de travail afin de favoriser une saine collaboration au sein de son équipe?

Les recommandations formulées peuvent bien entendu s’appliquer à tous les types de départements. L’exemple des développeurs et des designers sera utilisé puisqu’il met en lumière des individus qui, en raison de la nature de leur tâches, réfléchissent habituellement en silo. La mise en commun de leur travail respectif ne va donc pas toujours de soi, d’où l’importance qu’ils développent des stratégies efficaces de communication.


Tout d’abord, comment définit-on une bonne collaboration?

Le mot « collaboration », du latin collaborare, qui signifie « travailler (laborare) ensemble »

La première étape pour qu’une équipe travaille ensemble est l’élaboration d’un objectif commun. Aussi appelé True North, l’objectif commun se doit de rallier l’ensemble des membres de l’équipe et de servir d’alignement pour la prise de décisions au quotidien. Les intérêts personnels seront ainsi relayés au second plan.

«…c’est un groupe de musique, à certains moments tu es le chanteur principal, et d’autre fois, c’est à toi de jouer la tambourine »  – Chris Rock

Dans la réalité des entreprises TI, l’objectif commun est souvent la création du meilleur produit possible, en vertu des contraintes qui leur sont imposées (réalités du marché, contraintes de l’entreprise, ressources disponibles, etc.). L’objectif commun est généralement accompagné de conditions de succès, utilisées comme unités de mesure lors de l’évaluation d’un projet. Ensuite, en deçà de l’objectif commun existent des objectifs dits d’équipe (on parle ici d’équipe de développement, design, marketing etc.; une équipe pourrait contenir une seule personne) qui sont nécessaires à la réussite de l’objectif global, mais également dépendants et tributaires de la réussite des objectifs des autres équipes. Ce concept est décrit par le docteur Harshada Patel (membre du groupe de recherche sur les facteurs humains de l’université de Nottingham) comme l’interdépendance des équipes. Cette interdépendance a pour effet de valoriser les actions et les membres de l’équipe en leur attribuant des responsabilités dont les résultats sont tangibles.

Afin d’améliorer la collaboration au sein d’une équipe, il est possible d’agir sur différents plans : individuel, psychosocial, organisationnel ainsi que sur le plan de la gestion. Voici donc quelques pistes de suggestions qui vous permettront d’instaurer dans votre entreprise les bases d’une saine collaboration entre les développeurs et les designers.

 

Plan individuel

L’ouverture et la motivation sont les deux aspects clés sur le plan individuel. Suggestions et commentaires ne devraient être émis que dans l’optique où cela fait avancer l’objectif commun. Dans le même ordre d’idées, ils devraient être reçus comme une contribution au projet, détachés de toute valeur personnelle.

« Ego is not your Amigo » – Lu sur un t-shirt dans une salle de sport

La meilleure façon d’y arriver est de rester constructif dans ses commentaires. Dire « je n’aime pas ça » n’est pas constructif, parce que ça n’aide pas l’objectif commun. Dans ce type de commentaires, il est important de développer un argumentaire qui viendra étayer notre opinion, tout en suggérant des pistes d’améliorations ou des solutions à la problématique soulevée.

Le niveau de motivation envers le projet constitue un élément personnel qui varie selon différents facteurs : la perspective d’apprentissage et/ou de défi, le gain personnel à l’effort, l’alignement du projet avec les valeurs personnelles, le sentiment d’impact, et encore plus. En tant qu’entreprise ou que chef de projet, il est important de valider et de maintenir le niveau de motivation de chacun des membres pour l’ensemble du projet en gardant en tête que ce dernier peut changer en cours de projet. L’attitude des individus lors des stand ups meetings ou les rencontres de scrum planning peut souvent servir d’indicateur.

 

Plan psychosocial

Les meilleures équipes sont celles qui se font confiance. L’être humain est naturellement plus enclin à faire confiance aux gens qu’il côtoie fréquemment. De cette façon, rapprocher physiquement les espaces de travail des designers et des développeurs favorise la création de liens. En rapprochant les bureaux, les interactions sont plus larges et donc ne sont plus exclusivement professionnelles. Dans le même ordre d’idées, changer l’emplacement des bureaux à plusieurs reprises peut favoriser la communication et la confiance, deux facteurs qui sont intimement liées, chacun de ces facteurs influençant l’autre.

« On pourrait peut-être aller prendre un café ou manger un paquet de caramel? »
-Matt Damon, Le destin de Will Hunting

Il est primordial de favoriser la communication en créant un maximum d’opportunités d’interactions, qu’elles soient professionnelles ou non! Les 5 à 7 et activités quelconques du club social améliorent la capacité de collaboration d’une équipe parce qu’ils en rapprochent les membres.

Afin de renforcer cette impression d’équipe, il est nécessaire d’inviter tous les membres d’une équipe à la rencontre de lancement de projet. Il est également possible de poursuivre avec des  activités de création collective, comme des brainstorms ou des séances de dessin regroupant à la fois développeurs et designers. Il est important de créer des réseaux de communication internes associés à chaque projet, et d’autres, où le partage d’informations complémentaires est favorisé.

Chez Arcbees, nous avons des groupes de discussion dédiés à nos outils, tel que : Sketch, logiciel de création d’interfaces par excellence. Nos groupes de discussion permettent aux développeurs de poser leurs questions sur l’utilisation générale des outils. Cela permet également aux designers de partager les mises à jours, commentaires, méthodologies internes, etc. Un partage de l’information plus intelligent vous permettra d’améliorer votre alignement et ainsi votre efficacité de travail.

« Parler le même langage, c’est la base de la communication… » -Probablement quelqu’un d’autre avant moi

Développer un langage commun est également un point important pour permettre la communication. L’objectif n’est pas que chacun ait à parler les deux langues de manière parfaitement fluide, mais bien d’être sensible aux lois qui régissent ces différents langages. Cela permet de mettre en parallèle deux visions d’un même projet et d’ainsi en ouvrir les horizons. Il est vital pour un designer de comprendre comment sont conçues les interfaces qu’il imagine et quelles sont les répercussions technologiques des décisions qu’il peut prendre. Ce n’est toutefois pas son travail de connaître tous les langages en programmation et de savoir coder à la perfection. De la même façon, un développeur initié au langage visuel comprendra l’importance d’un Ui et d’un Ux rigoureux qui donne une crédibilité et une tangibilité au travail pour le client. Il sera ainsi en mesure de prendre des décisions plus éclairées lors de l’intégration.

L’application Zeplin, entre autres, permet de faire une partie du travail de traduction entre ces deux langages, en proposant un inspecteur de maquettes Sketch, spécialisé pour les développeurs. Il regroupe ainsi tous les éléments spécifiques au travail d’intégration en un seul endroit : marges, styles, codes de couleurs, css, export de code en svg et bien plus. Il peut s’avérer un outil de collaboration hors pair grâce à sa fonctionnalité de commentaires.

 

Plan organisationnel (entreprise)

« Rome ne s’est pas construite … en criant Lapin je ne boirai pas de ton eau » – Capitaine Charles Patenaude

Pour le succès de tout projet, il est important de définir les rôles et responsabilités de chacun. L’objectif est simple : s’assurer que tous les éléments de la planification initiale soient couverts. C’est un élément très important du concept d’interdépendance des équipes mentionné plus tôt.

Chez Arcbees, nous avons une structure horizontale. Tout le monde est au même niveau d’un point de vue hiérarchique. Nous avons tous et toutes des responsabilités et des habiletés différentes, mais nous sommes avant tout égaux. Notre culture favorise les échanges, la responsabilité de l’individu et la liberté. Cela a pour effet de diminuer les conflits lors d’un projet. Optez pour une culture qui favorise les échanges et impliquez chacun des niveaux de l’organisation dans les processus de décisions. Le sentiment d’avoir de l’impact sur son environnement joue un rôle majeur dans la motivation.

 

Plan de la gestion

Une répartition équitable des tâches au sein d’un projet permet de garder chacun des membres dans les meilleures dispositions psychologiques possibles et de limiter les conflits. Tâchez de garder un oeil sur la charge mentale de chacun et sur les possibilités d’entraide. Révisez sans cesse vos outils de collaboration et de coordination et assurez-vous que les processus soient connus de tous les membres de l’équipe.

En cas de conflits, l’objectif initial prime. Évaluez de façon rationnelle le pour et le contre des diverses options et optez pour celles qui apportent le plus (ou limitent au maximum les pertes) de valeur au produit.

« La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal! » – Ti-Guy La Lune, La guerre des tuques (1984)

II est important d’évaluer la qualité de la collaboration à travers la durée d’un projet. Pour ce faire, il est possible de réaliser des entrevues, individuellement ou en équipe, des évaluations par les pairs ainsi que de se fier aux conditions de succès rattachées à l’objectif commun.

 

En conclusion,

Chez Arcbees, nous sommes passés maîtres dans l’art de concevoir et de développer des solutions technologiques sur mesure pour nos clients. Notre motivation, créer les meilleurs produits, rien de moins! La collaboration est un élément clé de notre travail, car c’est avec l’expertise de chacune de nos abeilles que nous créons le miel de première qualité. Il existe de nombreuses façons de développer des réflexes de collaboration sains dans votre entreprise; la seule limite est votre créativité. La première étape est toutefois d’y porter une attention particulière.

Je vous invite à poursuivre la réflexion en rencontrant les développeurs et les designers de votre entreprise autour d’une seule et même table et de tendre l’oreille à leurs besoins. Je vous laisse sur un podcast très intéressant de Mustafa Kurtuldu, Design Advocate chez Google, qui vise à briser les stéréotypes sur la capacité de collaborer des designers et des développeurs. L’émission se nomme: Designer Vs Developer.

« Bonne semaine » – Claude J. Charron éditeur du magazine la semaine